About the artist

Drawing was

my island,

my refuge …

 

Christine Sefolosha was born in Switzerland, near Montreux on Lake Geneva shores. As an only child, she grew up under her mother’s care who lovingly encouraged her imaginative streak and left her to explore it freely. Passionate about horse riding, the young girl told herself stories and created worlds inhabited by horses and animals. When she turned 20, and was about to start Fine Art School, life, in an odd turn of events, brought her to South Africa. Her first six years there were spent in a protected environment within the White community. Family was a priority. But she continued drawing. With assiduity. Animals chiefly. Until a time when she became conscious of the harsh realities of Apartheid. Her escapades into the townships confronted her with the gagged, undercover culture of its people. Music, theatre, dance, visual arts:  such an amazingly rich, creative streak was revealed to her through her wanderings. This experience would forever change Sefolosha. From then on, the artist realized that she could no longer be content to reproduce just the surrounding reality, but that she must imperatively explore the depths of her feelings, find her place in the world, in other words, realize herself as an artist. Coming home to Switzerland in the early of the 1980s, Christine put all her energy into reaching her goal. Her first solo show in Vevey in 1988 became the beginning of a path that has brought her to exhibit around the world.

La tête à l’envers

       Marlène Métrailler


Laurence Froidevaux et Marlène Métrailler 

(March 26, 2016)

Les bateaux-mondes de Christine Sefolosha

 

La série « Vaisseaux fantômes » est un moment singulier dans le travail de Christine Sefolosha, et elle s’inscrit au cœur de son œuvre comme une île au milieu de l’océan de son art. Car ce qu’on y découvre ne semble que la face visible d’un continent plus vaste et encore immergé qui nous apparaitra bientôt comme la terre promise de toutes ses recherches et de toutes ses expériences. Aussi, dans cette suite, de monotypes, tout n’est que va-et-vient entre des niveaux multiples qui ne cessent de s’entrecroiser et de se renvoyer les uns les autres.

Il est ainsi question de départ, de larguer les amarres, de quitter la Terre pour les confins. Mais aussi de tout emporter avec soi, à l’instar de Noé et de son arche : le monde et la ville, les êtres et les choses, les formes et les figures ; Babel flottante que n’aurait pas renié le Fellini de « E la nave va ». Et les personnages qui les hantent, aussi spectraux que les vaisseaux y sont fantomatiques, ne cessent que d’y jeter des filets ou d’y monter des échafaudages pour prendre prise ou faire prise. On est ainsi tout à la fois ailleurs et ici, en route vers l’au-delà et plongé au plus profond du réel et du temps.

Mais ce qui caractérise avant tout cette série nouvelle, c’est cette même énergie, ce même élan qui s’engagent dans l’œuvre et par l’œuvre. Car, à bien regarder, la fluidité et la transparence de l’eau n’y sont rien d’autre que cette fluidité et cette transparence toute en nuances de l’encre que déverse Sefolosha à l’aube de chaque dessin. Et la puissance et la force des flots, cette puissance et cette force avec laquelle elle conduit allègrement son trait, et par laquelle elle fait émerger formes et figures d’une vague de couleur, et qui en gardent parfois de délicates écumes frangées. Un expressionnisme fougueux et emporté qu’elle dirige comme le capitane son bateau, afin de mieux emmener son travail vers ce point d’aboutissement, ce point d’équilibre où tout motif ou tout sujet devient souverain, plein, limpide, résolvant d’un seul coup le mystère des apparences et la vérité des situations, condensant en un point unique l’intensité de la vie et un fragment du temps.

       Charles-Arthur Boyer

À propos de l’artiste

Le dessin était

mon île,

mon refuge …

Christine Sefolosha naît, en Suisse, près de Montreux, au bord du lac Léman. Enfant unique, elle grandit auprès d’une mère protectrice et aimante, qui a toujours veillé à la stimuler et à laisser libre cours à son imagination. 

Passionnée d’équitation, la jeune fille se raconte des histoires et se crée un univers peuplé de chevaux et d’animaux. A l’âge de 20 ans, alors que son chemin semblait tout tracé vers une école d’art, les circonstances de la vie la conduisent en Afrique du Sud. Six premières années, passées dans un univers protégé de la communauté blanche. Pause familiale. Mais toujours le dessin. Assidument. Des animaux, principalement. Jusqu’au jour où elle prend conscience de la réalité de l’apartheid. Ses escapades dans les townships la confrontent à une culture bâillonnée par le système. Musique, théâtre, danse, arts visuels: la richesse de la vie artistique sud-africaine la bouleverse. Cette expérience va changer à jamais Christine Sefolosha.

A partir de là, l’artiste réalise qu’elle ne peut plus se contenter de reproduire la réalité environnante, mais qu’elle doit impérativement explorer au plus profond de son ressenti. Trouver sa place dans le monde, autrement dit se réaliser en tant qu’artiste. Retour en Suisse, au début des années 80, désormais Christine Sefolosha mettra tout en oeuvre pour y parvenir. Première exposition à Vevey, en 1988. C’est le début d’un chemin qui l’amènera à exposer à travers le monde.

     

       Marlène Métrailler


Laurence Froidevaux et Marlène Métrailler 

(March 26, 2016)

© 2020 - Sefolosha Christine, Montreux, Switzerland